Tiers Local créatif, singulier, insolite, agile…
Entre le tout organisé et le mouvement

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Tiers Local créatif, singulier, insolite, agile…
Entre le tout organisé et le mouvement

 

 

A lire au préalable deux propos de G.Clément :
« Espace de vie laissé au libre développement des espèces qui s’y installent… »


Faire Le Moins possible Contre
Prônons, en référence à l’inversion du savoir paysager appris qui consiste à détruire tout ce qui n’est pas exploitable
  • Le Tout aménagement, le Tout ville, le Tout organisé [3], le Tout prévu… sont autant de pratiques professionnelles, de visions d’avenir, inadaptées à une société en mutation, instable, incertaine, improbable renouvelant profondément ses valeurs, ses modes de gestion, sa gouvernance.
  • Par exemple, sur l’urbain, il ne suffit pas d’imaginer « ludifier l’espace public », viser un « urbanisme éphémère », s’interroger sur « qui fait la ville » ou sur les "savoirs citoyens dans l’urbanisme [4].
  • Ces pratiques laissent en amont, peu d’initiatives aux citoyens, habitants, usagers, clients pour inventer, construire à leur rythme ; des alternatives avec les acteurs de la proximité : élus, hommes de l’art, entrepreneurs.
  • Elles déploient des univers de vie courante ancrés pour longtemps, alors même que les valeurs, usages, fonctions d’aujourd’hui sont fortement déstabilisés et ceux d’avenir parfaitement inconnus.
 
 

 

 
Faire Le Plus possible Avec
Conforter la diversité locale, c’est favoriser dans chaque lieu, l’émergence d’une multitude de « Tiers Local » [5]
  • Bout de terre, cœur de ville, quartier, rue, habitat, espace public, place de marché, vallon, réseau de mobilité… se fabriquant au gré des besoins exprimés, des envies, des réalités, des interconnexions humaines comme autant de pistes en amont, confrontées à l’histoire des lieux, aux options et savoirs des élus, hommes de l’art, entrepreneurs.
  • L’indécis, l’éphémère, la fantaisie peuvent s’y déployer pour exprimer habitudes, quotidiens, singularités… avant de se confronter en dialogue plus ou moins rugueux, aux cultures traditionnelles ou novatrices dans l’organisation d’espaces, de fonctions au plus près du local.
  • Plus généralement les hommes de l’art doivent être proactif en pédagogie envers tous les citoyens et pas se limiter, même avec concertation, à répondre à des appels d’offres pour des procédures.
  • S’engager dans cette voie est une bonne réponse exploratoire envers une société numérique exigeant créativité [6].

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Tiers Local en Multitude
Avant
Un repère « Faire société, demande de connaître l’autre dans sa singularité. » [7].
  • Il est illusoire d’envisager des options « traditionnelles » que ce soient pour les projets d’aménagements urbains, paysagers, de mobilité… pour les dynamiques économiques de proximité (comerçiale, artisanale, entrepreneuriale)… pour les segments de recherche et d’innovations.
  • Le numérique déstabilise, transgresse en un clic hypertexte … ce qui semble pourtant certain et donne quelques éclairages de la théorie du chaos [8]. La pire des réponses serait de vouloir « imposer » un ordre structurant en toutes choses.
 
Multitude en action
  • Par exemple Osons le Local / Proximité pour nos Cœurs de Ville l’occasion d’accepter l’expression libre des habitants, usagers, clients sur des sujets comme : accès, mobilité, aménagement, fonctionnalité, environnement, commerce, sécurité, festivité, loisirs…
    • L’homme de l’art retrouvant sa pleine utilité, son plaisir de transmettre en venant accompagner le rythme, les idées, les options évoqués par habitants et usagers des lieux… et non l’inverse pour prendre note des oppositions ou remarques lors d’enquêtes publiques !
    • L’élu, le fonctionnaire local ou d’Etat accompagnant le processus collectif au plan réglementaire, financier, sécurité… Les associations de proximité veillant au lien social de la Proximité.
  • Ce qui est vrai pour le Cœur de Ville est valable pour tout autre morceau de ville… en périphérie, en bordure d’espace collectif etc…
    Idem pour une Zone artisanale ou économique. Rien ne doit empêcher les acteurs économiques d’engager une dialogue de conception avec les salariés, les habitants pour ancrer l’activité économique dans le territoire…
 
Après
  • Stimuler ce travail « des collectifs d’habitants, d’usagers, de citoyens » … par ex sur « les communs comme sujets collectifs, systèmes d’action, mais aussi lieux et formes spatiales et paysagères. » via des formations comme celle au titre accrocheur Récits d’urbanisme et question des communs.
  • Mais … ne pas tomber dans le piège de la « totalité »… et voir des Communs partout et pour tout autour d’une économie des Communs ! [9]
  • Au contraire, il faut favoriser la diversité et le dialogue entre des modes économiques… en prenant le meilleur des possibles…
    Faire le plus possible Avec
    Chacun faisant sa part.


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Dans les suggestions ci-dessus, chacun verra ses interconnexions ressenties, comprises, perçues, connues.
Pour le moins quelques rappels opportuns en lien avec le Local :
  • Toute organisation excessive ou tout sujet trop dominant induit la construction de nouvelles libertés.
  • La nature, ou thèmes de proximité… servent de repères pour repenser le monde en situation instable.
  • Le Local comprend ses ombres, ses invisibles (réseaux cachés, d’influence) voir son Darknet.
  • L’utilité de revenir à certains mots comme Singularité.
  • Le temps nécessaire aux citoyens pour faire quelque chose ce ce Tiers Local… ou le laisser en l’état.
  • La liberté d’usage d’un lieu n’exige pas forcément d’en avoir la possession partagée ou non.
 
Vers Un Tiers Local Partageable ou Non , comme on trouve des Territoires numériques de liberté, créativité, autonomie, singularité.

 
En parodiant Siéyès :

  • « Qu’est-ce que le Tiers-Local ? – Tout.
  • Quel rôle a-t’il joué jusqu’à présent ? - Aucun.
  • Qu’aspire-t-il à devenir ? – Quelque chose. »

 
Sans oublier
Enjeu des Transitions  ; les méthodes et rythmes associés.

Responsabilité du Politique Local auquel :

  • « il revient d’organiser la partition des sols pour ménager dans son aire d’influence des espaces d’indécision, ménageant le futur. »
 
Déploiement de « Tiers Local »…
comme une Lecture face à l’écran :
  • « lecture discontinue, segmentée, attachée au fragment plus qu’à la totalité.… invite, à feuilleter les textes, en prenant appui sur leurs index ou bien à sauts et gambades comme disait Montaigne, à comparer des passages, ou à extraire et copier citations et sentences » - R.Chartier [10].
  • Une citoyenneté à l’épreuve [11] :
    • Ne plus tout attendre d’une démocratie élective, tout des procédures conduisant à une citoyenneté en panne.
    • Mais occuper ou non un vide : Disponibilité du Tiers Local. Tout peut s’y passer… silence, expérimentation : expression de la biodiversité libre, humaine, environnementale.

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le 1er septembre 2018 par Jacques Chatignoux Opérateur
modifie le 19 septembre 2018

Notes

[1] Jardin en mouvement : "Dans ce genre d’espace les énergies en présence –croissances, luttes, déplacements, échanges- ne rencontrent pas les obstacles ordinairement dressés pour contraindre la nature à la gèomètrie , à la propreté ou à toute autre principe culturel privilégiant l’aspect…

  • Elles rencontrent le jardinier qui tente de les infléchir pour les tourner à son meilleur usage sans en altérer la richesse…
  • Le dessin du jardin, changeant au fil du temps, dépend de celui qui entretient, il ne résulte pas d’une conception d’atelier sur les tables à dessin."

[2] Tiers Paysage : "désigne la somme des espaces où l’homme abandonne l’évolution du paysage à la seule nature.

  • Il concerne les délaissés urbains ou ruraux, les espaces de transition, les friches, marais, landes, tourbières, mais aussi les bords de route, rives, talus de voies ferrées, etc …
  • A l’ensemble des délaissés viennent s’ajouter les territoires en réserve.
  • Comparé à l’ensemble des territoires soumis à la maîtrise et à l’exploitation de l’homme, le Tiers-Paysage constitue l’espace privilégié d’accueil de la diversité biologique…
  • Il revient au politique d’organiser la partition des sols de façon à ménager dans son aire d’influence de espaces d’indécision, ce qui revient à ménager le futur. ".

[3] Par exemple en matière de procédure administrative (document d’urbanisme, plan paysager, projet de territoire…) ou de normes pouvant être en retard sur l’évolution rapide d’une société. Bien des spécialistes, décideurs, porteurs de croyances en tout genre, agitateurs corporatistes, voir militants convaincus se targuent d’avoir les clés. Ces dernières se révélant soit inadaptées, soit n’ouvrant que des fractions d’horizons dans notre société numérique acentrée.

[4] Cf Ludifier l’espace public pour inciter les citadins à pratiquer la ville ? ou un urbanisme éphémère : nouvelle forme de penser la ville - Citoyens, urbanistes, politiques : qui fait la ville ? – JMU 2015 - Les savoirs citoyens dans l’urbanisme participatif.

[5] Tiers Local différent de Tiers Lieu qui se veut plutôt véritable « éco-système avec communauté ».

[6] Créativités :

[7] Cf ce propos opportun dans le contexte LocalVox « Pourquoi s’intéresser aux religions et à la laïcité quand on est urbaniste ».

[8] Théorie du chaos : « comportement des systèmes dynamiques très sensibles aux conditions initiales, un phénomène généralement illustré par l’effet papillon. Pour de tels systèmes des différences infimes dans les conditions initiales entraînent des résultats totalement différents, rendant en général toute prédiction impossible à long terme. » - Cf Théorie du Chaos et Attracteur de Lorenz.

[9] Cf par exemple : La nouvelle économie politique des communs : apports et limites - Construire des alliances entre l’économie solidaire et sociale et Les Communs - Labo de l’ESS - Biens Communs - Une économie des communs en plein essor - La vie des Idées : Le Commun et Les Communs.

[10] Lecture face à l’écran… Cf Leçon inaugurale au Collège de France « L’écrit et l’écran, une révolution en marche » , par Roger Chartier - Le Monde du 13-oct-2007.

  • Lecture face à l’écran : « Une lecture discontinue, segmentée, attachée au fragment plus qu’à la totalité. N’est-elle pas, de ce fait, l’héritière directe des pratiques permises et suggérées par le codex ? Celui-ci invite, en effet, à feuilleter les textes, en prenant appui sur leurs index ou bien à »sauts et gambades« comme disait Montaigne, à comparer des passages, comme le voulait la lecture typologique de la Bible, ou à extraire et copier citations et sentences, ainsi que l’exigeait la technique humaniste des lieux communs »
  • Ecoutons encore : « En brisant le lien ancien noué entre les discours et leur matérialité, la révolution numérique oblige à une radicale révision des gestes et des notions que nous associons à l’écrit. Malgré les inerties du vocabulaire qui tentent d’apprivoiser la nouveauté en la désignant avec des mots familiers, les fragments de textes qui apparaissent sur l’écran ne sont pas des pages, mais des compositions singulières et éphémères. »
  • Ce qui conduit à : « Comment préserver des manières de lire qui construisent la signification à partir de la coexistence de textes dans un même objet (un livre, une revue, un journal) alors que le nouveau mode de conservation et de transmission des écrits impose à la lecture une logique analytique et encyclopédique où chaque texte n’a d’autre contexte que celui qui lui vient de son appartenance à une même rubrique ? »

[11] Cf Le Local enjeu et horizon pour la création de valeur et la citoyenneté - Affirmer sa citoyenneté numérique, communale, locale et de proximité.