Pour une politique locale adaptative envers les territoires géographiques et numériques

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Pour une politique locale adaptative envers les territoires géographiques et numériques


Ci-dessous posons quelques jalons.

  • Adaptative
    • A la vision jacobine « aménager la France », substituons la vision acentrée du développement local, des pratiques de proximité et de citoyenneté [1]
    • Notre société numérique conforte la diversité gagnante et la création de valeur de nos territoires locaux et des usages numériques abondant au plus près leur vie et leur développement.
  • Locale

    Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
    Et les mots pour le dire arrivent aisément
     [2]

    • Il faut viser pour le droit une écriture lisible, courte affirmant quelques grand repères (principes, méthodes…). Laissons au juge, à l’arbitre le soin d’interpréter le droit en l’ajustant via la jurisprudence à la dimension locale des territoires géographiques ou numériques. [3].
    • La création de valeur locale ne peut se réduire à une financiarisation des relations humaines, de savoirs, de services ou de production. Il s’agit des fruits d’une « pico-économie acentrée », c’est à dire une économie de proximité de plus en plus insérée, intégrée dans un tissu de réseaux et de noeuds tous azimuts ; dont les composantes sont elles-mêmes évolutives.
  • Politique
    • Sa formulation, son suivi, ses ajustements en fonction des coûts / avantages doivent se construire avec l’implication et le concours entreprenant de citoyens habitant « Leur Local ». Les politiques traditionnelles gomment trop les spécificités, les richesses, les dynamiques, les ressources des habitants et usagers du Local.
    • Pourquoi ne pas fixer pour ce niveau « Local » un repère citoyen : complétons la démocratie élective par une démocratie tirage au sort [4]. Certaines expériences sont en cours dans des conseils de quartier [5].
      • Quelques citoyens tirés au sort dans 3 ou 4 tranches d’âges exprimeraient sans doute bien du bon sens dans la gestion et la mise en perspective des politiques locales influençant le quotidien des habitants ou des usagers [6].

  • Entreprendre, S’impliquer

    Le développement des territoires dépend de l’énergie et du caractère entreprenant des habitants.

    • La puissance publique doit davantage être un accompagnateur, facilitateur et le savoir-faire privé un référent de bon conseil.
    • C’est l’articulation de ces trois composantes (citoyen, public, privé) selon les arcanes du Local concerné qui peut contribuer à la réussite et la pérennité des projets du Local. [7]
    • Le contexte de profondes mutations dans notre société induit des peurs ou attentismes qu’il faut combattre en déplaçant les façons de faire. En ce sens les ubérisations successives et imprévisibles de secteurs entiers productions ou services se révèlent utiles en ce qu’elles déstabilisent. A ce titre le marché du Local peut faire effet de levier en particulier pour les entreprises en proximité [8].
  • Promouvoir, Diffuser
    • Le Local est partie intégrante de notre société. Il mérite respect et égalité de traitement, de Re-Connaissance avec les autres dimensions de la communauté nationale et de l’Europe.
    • Sa visibilité dans les pratiques institutionnelles, les rédactionnels juridiques, les relais media doit traduire les dynamiques de proximité et non se limiter à une notion de déclinaison, de « clocher » ou de zones blanches ou grises pour les couvertures numériques !
    • Internet donne la possibilité à tout un chacun de contribuer à cette réaffirmation du Local avec ses mots, ses méthodes, ses supports, ses dynamiques collectives. Le mépris trop souvent exprimé envers Le Local ne peut que conforter la ténacité, la volonté, les alliances et les pratiques de coopération des habitants et usagers concernés.
    • L’amplification par le déploiement des Localous est aussi une opportunité.
  • Partager, Financer
    • L’économie du don, du partage, le financement des effets de levier exigent de réorienter à la fois des financements publics en avance remboursable et de fiscaliser positivement tout ce qui peut être investissement ou contribution de proximité pour en favoriser les développements. [9].
    • A mûrir la création de valeur et d’intermédiation dans les capacités d’attention [10] et de pollinisation entre les énergies.
    • A voir. aussi l’incidence sur le partage et le financement des activités publiques dont le périmètre doit être exploré autour d’une économie et d’un développement acentrés des territoires géographiques et numériques [11].
  • Ancrer la valeur créée

    Les politiques publiques comme les choix d’entreprises en privilégiant l’approche « métropole » (sans intégrer les coûts induits)… se révèlent négative pour ancrer la valeur créée dans Le Local.

    • Des voies s’ouvrent en réduisant les intermédiaires, prônant une économie circulaire, valorisant la place des « Communs », explorant l’usage de monnaies locales, veillant à l’employabilité locale. Le tout en bénéficiant du caractère acentrée du réseau et de ses facilités d’usage.
    • Mais guère de vision stratégique résultant d’une mise en perspective des mobilités numériques, des mutations dans les relations de travail et du savoir, d’un contexte instable dans les usages numériques et l’expérience utilisateur. Le tout exigeant d’autres visions dans la spatialisation des espaces économiques et des services en milieu urbain ou rural [12].
  • Vers une économie acentré
    • Jouer Le Local, c’est faire le pari du potentiel humain, des ressources patrimoniales, physiques et des savoir faire disponibles ou mobilisables en proximité (géographique et numérique)… et surtout d’une évolutivité partagée.
    • La réussite ne peut consister en une boulimie de méthodes, de moyens, d’incantations… L’économie acentrée en micro voir pico-points de développement en réseau est à la fois "éclatée et reliée !
    • Penser le développement local acentré au service des habitants et des usagers, de l’employabilité exige beaucoup d’agilité et une grande capacité d’adaptation de la part des dirigeants. Savoir se projeter dans l’avenir est bien plus délicat que de gérer des dossiers, faire des réglements ou trouver des financements.
    • Le Local est juste à côté bien souvent plein d’énergies… mais certes avec une indépendance d’esprit et d’action qu’il faut apprendre à respecter. Rien n’est acquis dans une phase de mutation profonde, instable…
le 9 octobre 2017 par Jacques Chatignoux Opérateur
modifie le 10 septembre 2018

Notes

[1] Cf la note 2 « Ce qu’est un réseau « A »centré - Protéger la diversité du net » dans Le Local enjeu et horizon pour la création de valeur et la citoyenneté.

[2] L’Art poétique (1674) Nicolas BOILEAU. Etre bien compris par les citoyens avec des propos compréhensibles et mémorisables doit être la première exigence des rédacteurs des textes juridiques ! Nous croulons sous la judiciarisation (trop de droit, tue le droit) de la vie quotidienne.C’est la façon de penser et la formation de nos dirigeants, rédacteurs et lobbies en tous genres qui bloquent la transformation de notre société.

[3] Le droit (classique) « courra » toujours derrière une société en mutation, instable, fortement innovante et parfois éphémère. Il faut apprendre à formuler des règles qui s’adaptent rapidement aux défis et à la grande diversité de nos territoires présents et à venir

[4] Démocratie tirage au sort ou encore Tirage au sort et démocratie en Grèce ancienne, Centralité du tirage au sort en démocratie. Nb : Les conseils de développement placés auprès des communautés de communes reflètent déjà la présence de citoyens ou de groupes sociaux auprès d’élus, mais trop souvent les pratiques les font dépendre de ces derniers - budget, sujets abordés

[5] Cf Conseils citoyens de quartier par ex : Angers et aussi Saint-Chamond.

[6] Ces citoyens pourraient être renouvelés par tiers tous les 2 ans, avoir un accès adapté aux documents du secteur public ou privé en référence à la volonté de transparence et de responsabilité sociale de ces derniers. Par leur prise de parole citoyenne sous la forme d’avis ou de suggestions, ils contribueraient au dialogue local et au tempo de la société numérique.

[7] Il n’est qu’à voir certaines dérives du développement (centre ville vide, zone économique ou commerciale coûteuse voir non rentable, empreinte carbone majoré par des pratiques induites de mobilité à la périphérie… ) pour chercher d’autres pratiques et alliances situant l’horizon de développement du Local.

[8] Rappelons qu’à ce jour selon une étude du Lab de BPI France 87% des patrons de PME rechignent à la révolution digitale « Principal frein : la complexité, avant l’aspect financier… Parmi les mauvais élèves, moins de la moitié des patrons dans l’industrie (45 %), le BTP (44 %), et les transports (48 %) estiment que l’impact du digital sera majeur sur le moyen terme. Même les dirigeants du tourisme, pourtant frappé de plein fouet par la vague des plates-formes numériques, ne sont que 55 % à en mesurer l’importance. ».

[9] A méditer « La dynamique communautaire repose avant tout sur l’empathie » Cf : Ne confondez plus communautaire et social… avec quelques commentaires révélateurs :

  • « l’égo des plateformes sociales, là où sur une plateforme communautaire (comme un forum), l’utilisateur tend à s’effacer derrière un intérêt commun de la communauté. »
  • « la plateforme communautaire induit un sentiment d’appartenance et son activité sociale est l’indicateur de sa vivacité, avec en son sein des acteurs plus ou moins impliqués… et où la dimension sociale est plus riche et complexe, plus collective, plus communautaire et ce 2 deux façons : La première ; un individu peut interagir avec une communauté… Ce qui est un acte social tribal. La seconde : la mise en relation entre personne via le service affinitaire… entrer dans le sentiment d’appartenance à cette communauté. »
  • « Le contenu attire l’internaute, la communauté le retient. »

[10] Enjeux des capacités d’attention de chacun(e) envers / dans les eco-systèmes (cf Surinformation et déficit de la capacité d’attention : un problème mal posé et Pour une écologie de l’attention).

[11] Renforcer seulement les pratiques de décentralisation et de déconcentration… est-ce la bonne voie ? - Faut-il adapter la Constitution de la République en insérant par exemple le rôle des communautés numériques locales dans le titre XII et les articles 72-1 et 2 sur les collectivités territoriales. A voir aussi l’incidence d’une société numérique acentrée sur les artilces 3 et 4 concernant la Souveraineté.

[12] A en croire l’étude de l’Association des communautés de France (ADCF), bien peu de décideurs locaux ont pris conscience du fait qu’un quart des zones d’activité sont en déclin .