Local et Tiers-Lieux

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Local et Tiers-Lieux


Quelques liens et commentaires ou invitation au débat.

Définition et Repères

  • Wikipedia Tiers-lieu : "Le tiers-lieu, ou la troisième place, est un terme traduit de l’anglais The Third Place faisant référence aux environnements sociaux qui viennent après la maison et le travail. [1]
    Les troisièmes places sont importantes pour la société civile, la démocratie, l’engagement civique et instaurent d’autres appropriations et partages de l’espace. Il s’entend comme volet complémentaire, dédié à la vie sociale de la communauté, et se rapporte à des espaces où les individus peuvent se rencontrer, se réunir et échanger de façon informelle."
    - Cartographie bêta des Espaces hybrides et autres tiers lieux, Prima Terra.

Liens sur la réalité des Tiers-Lieux…

  • L’Etat au chevet des télécentres - Les Echos 2011 par C.Sabbah donne quelques repères méritant débat : « L’échec du télétravail n’a pas découragé ses promoteurs. Ils cherchent à le relancer en ville. »
    • « Installer des télécentres le long de la ligne A du RER éviterait d’avoir à doubler cette infrastructure et économiserait beaucoup d’argent »
      • => Relation entre développement durable et télécentre non argumenté… mais discours dominant sur le déploiement physique des réseaux numériques.
      • => En mobilité nomade, l’important : des lieux de convivialité (ces bistrots (cf la bonne initiative de celui de la Guillotière) , place de marché…) et pas uniquement de « nouveaux tiers lieux » bien rangés…
    • « Développer (ces télécentres urbains) via des projets immobiliers portés à la fois par les collectivités et des investisseurs privés, des promoteurs, mais aussi les groupes fournissant les tuyaux »
      • => Opérateurs réseaux numériques et opérateurs immobiliers voient là un simple relais de croissance dans une modernité à faible valeur ajoutée pour Le Local. On est d’abord, dans une opération de « captation » de clientèle.
      • => Si cette démarche « le long de réseau de mobilité physique » se confirme, les collectivités devront probablement trancher ou bien articuler, avec les autres opérations orientées quartier de la création numérique.Cf Paris, Nantes, Lyon
    • « A l’exemple de la centaine de centres ouverts aux Pays-Bas : de telles installations pourraient être rentables sur 1.000 mètres carrés, avec 70 à 120 entreprises membres utilisant cinq heures de visioconférence par semaine, pour un coût de fonctionnement annuel de 1 million d’euros. »
      • => Plutôt surprenant que les Opérateurs de télécoms ne transforment pas leur boutique en café - boutique avec contenu, animation… maillant déjà les territoires urbains.
      • => La question demeure de la valeur ajoutée sociale et économique pour les collectivités parties prenantes ; en particulier face aux postures sur la « créativité » Cf Villes créatives : une nouvelle utopie ?, sans oublier les lieux de co-working.
  • Le manifeste des Tiers Lieux : "Le manifeste des Tiers-Lieux est un ouvrage collectif qui vise à améliorer la compréhension de la dynamique des Tiers-Lieux de manière à diffuser ses valeurs et à démultiplier son impact sur la société.
    • Le Tiers-Lieu est un bien commun révélé, délimité, entretenu par et avec un collectif… Sur un territoire identifié, le Tiers-Lieu est une interface ouverte et indépendante permettant l’interconnexion ainsi que le partage de biens et de savoirs.
    • Le Tiers-Lieu est un cadre de confiance où des individus hétérogènes se réunissent pour travailler et explorer des solutions dans une posture de coworking.
    • Le Tiers-Lieu favorise l’apparition de réseaux distribués d’acteurs en préservant un équilibre permanent entre individu et collectif, entre temps de travail et temps d’échange.
    • Le Tiers-Lieu génère un langage commun et réappropriable entre des mondes différents et parfois contradictoire… Les outils et la médiation numérique facilitent l’apparition de situation de travail collective sur la constitution d’un patrimoine informationnel commun.
    • Le Tiers-Lieu développe une approche intelligente de la gouvernance grâce notamment à un rapport transformationnel avec les usagers-clients et aux licences libres.
    • Les services du Tiers-Lieu s’assemblent pour formaliser un environnement de consommation, de création, de production inédit et incarne ainsi une véritable culture de la transition économique.
    • Les modèles de financement des Tiers-Lieux se développent entre économie traditionnelle et contributive en se basant sur des partenariats publics, privés et personnels.
    • Le Tiers-Lieu est un processus exploratoire de valeurs à l’échelle humaine, sociétale et économique qui vise à devenir un élément central du fonctionnement de la cité."
  • Le « tiers-lieu », nouvel espace de travail - Anact : « Une étude sur le thème des »tiers-lieux« montre à quel point le travail au sein des troisièmes espaces s’est banalisé aujourd’hui. L’idée selon laquelle la flexibilité passe nécessairement par le travail à domicile pourrait être remise en cause… Selon l’étude Régus, 72 % des salariés travaillant au sein des tiers-lieux ont généralement recours aux centres d’affaires pour tout ou partie de leur temps de travail. 73 % de ces mêmes utilisateurs passent trois jours ou plus par semaine dans un centre d’affaires, et 70 % trouvent que ces centres favorisent plus la productivité que des lieux informels. »
  • Les Tiers-Lieux : Des espaces de proximité pour créer et produire « en communs » :
    • "Implantés localement dans les quartiers et les territoires, ils constituent une alternative à la fois à l’entreprise conventionnelle et au travail indépendant. Issus le plus souvent d’une initiative entrepreneuriale privée ou d’une démarche citoyenne, ils peuvent également être soutenus voire initiés par la puissance publique.
    • Ils peuvent ainsi offrir des fonctions de coworking, de fabrication numérique (fablab) et de « bricolage/recyclage » (hackerspace, repair-café…), mais aussi répondre à d’autres besoins locaux grâce à une coopérative d’activités et d’emplois, un incubateur ou une pépinière de projets innovants, une conciergerie, un point d’accès aux services publics, une plateforme de rencontre en producteurs et consommateurs (AMAP, Ruche qui dit oui…), un lieu de création artistique…"
  • Les tiers-lieux en réseau, nouveau levier d’attractivité : « Au-delà de l’offre d’hébergement, finalement la plus simple à lancer, c’est bien une communauté d’entrepreneurs qu’il faut créer… Plus que des concurrents, les tiers-lieux voisins sont des amplificateurs pour votre (et leur), attractivité ! … Un des nouveaux métiers du développeur économique de territoire AGILE ? »
  • Pourquoi les tiers-lieux ?  : « Avant d’être des entre-deux immobiliers, l’intérêt des tiers-lieux est peut-être de travailler les situations d’entre-deux psychologiques… Une des fonctions de ces lieux, c’est d’être des lieux pour des personnes entre deux états, des personnes en transition, des personnes qui cherchent et qui n’ont pas encore trouvé, des personnes inquiètes parfois… et l’on profite sans doute d’autant mieux de ces lieux que l’on est dans un état d’entre-deux, peut être plus ouvert que si l’on était en situation de sécurité relative. Quelqu’un d’installé a moins à recevoir de ces lieux que quelqu’un en mouvement ou en instabilité. »
  • Les “tiers lieux” revitalisent les territoires ruraux : « Le développement des territoires ruraux passe désormais par des systèmes d’interconnexion entre les différents types d’espaces que toute personne fréquente durant sa vie : déplacements domicile-travail, écoles, universités, réseaux économiques, réseaux scientifiques, services publics, espaces culturels, entreprises… »
  • Développer les tiers-lieux - Aide Région Aquitaine : "L’objectif recherché est de 300 tiers-lieux en activité en 2020, répartis dans l’ensemble des territoires urbains, périurbains et ruraux de la Nouvelle Aquitaine, dont environ la moitié pourrait recevoir le soutien régional.
    Appel à Manifestation d’Intérêt tiers-lieux vise au repérage, à l’accompagnement, à l’instruction et à l’attribution d’un soutien régional répondant aux 2 objectifs opérationnels ci-après :
    • soutien aux projets de création de tiers-lieux pour l’amorçage de projets, portant sur 2 ans : conception, ingénierie, aménagements spécifiques, équipements et mobiliers, lancement, communication, animation. S’ils n’ont pas été déjà directement aidés pour une 1re version de tiers-lieu par la Région Nouvelle Aquitaine ou les Régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes avant 2016, les projets de développement de tiers-lieux déjà ouverts pourront également faire l’objet d’un soutien régional. Pour ce faire, ils doivent être engagés sur une nouvelle organisation et/ou une nouvelle offre de services, dans une perspective réaliste d’équilibre économique.
    • soutien à des projets de réseau de dimension infrarégionale ou régionale visant à structurer, mutualiser et promouvoir les offres locales des tiers-lieux."
  • Les Tiers-lieux : là où le travail se transforme : "Les activités qu’organisent certains de ces lieux sont représentatives d’une volonté de réflexion citoyenne :
    • Aux enjeux des Communs, déclinés du côté numérique avec des Install parties et Hackathons (rendez-vous autour de l’installation et du codage de logiciels libres) et du côté de la production locale avec les jardins partagés,
    • Aux enjeux de la transition environnementale et citoyenne,
    • Aux enjeux de la démocratie et de la participation,
    • Aux enjeux de la diffusion d’idées et de savoirs…"
  • Tiers-lieu, fablab, … comment survivre économiquement ? : « noter qu’une difficulté particulière vient parfois de la culture même qui préside au lancement d’un tiers-lieu : partage, do it yourself, égalité, échanges, liberté, … autant de valeurs qui rendent parfois problématique la facturation d’un service à un utilisateur. La difficulté est donc alors d’élaborer des services et de les vendre sans perdre « l’âme du lieu », sans devenir un « hôtel d’entreprise » ou un simple « commerce » »
  • Comprendre les tiers-lieux : « Le tiers-lieu est propice à la créativité, à l’échange grâce au brassage des individus et des idées qu’il réunit. Les tiers-lieux sont par définition le terreau de l’open-innovation, de la disruption, du crowdfunding, de l’idéation, de l’holacratie… »

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Localiser des Tiers-Lieux… Quelques exemples

  • Mutinerie : « Le travail n’est plus un lieu mais ce que l’on fait alors autant le faire avec des gens que l’on choisit.… Mutinerie offre ces lieux hybrides entre la maison, le bureau et le café… le nombre d’espaces de coworking dans le monde double tous les ans (environ 2500 dans le monde dans plus de 40 pays). Ces espaces communiquent entre eux et leurs membres voyagent souvent de l’un à l’autre selon leurs besoins professionnels ou leur aspirations personnelles. Ils partagent des valeurs fortes d’entraide, d’indépendance, d’ouverture et forment des communautés de confiance retissant des liens solides dans nos sociétés en pleine recomposition. » Cf aussi Magazine
  • Les parcs naturels régionaux développent de nouveaux « tiers lieux »  : "L’environnement patrimonial et écologique que proposent les parcs suscite de nombreuses envies de marier des projets de vie et de nouvelles façons d’envisager le travail… « Le nombre croissant de ces tiers lieux dans les territoires parcs traduit deux phénomènes :
    • la naissance de « lieux palliatifs » en réponse aux maux dont souffrent certaines zones périurbaines ou rurales (enclavement géographique, relégation socio-économique, saturation des transports routiers),
    • la cristallisation des transformations du binôme travail-mobilité sur des territoires connectés en bordure des aires d’influence des pôles urbains attirant des résidents aspirant à de nouveaux équilibres ». L’occasion, dans les deux cas, d’une nouvelle mission pour les agents des parcs. "
    • Cf aussi l’étude Les Parcs naturels régionaux, des territoires d’innovations pour le développement des tiers-lieux : « Liés à la transformation numérique et sociale, les tiers lieux contribuent à maintien ou au retour d’activités économique dans les centres-bourg, à la maitrise d’une partie de la mobilité pendulaire liée au déplacement domicile-travail et, par leur dimension de lieu ouvert (activités professionnelles, culture, associatif), renforcent la cohésion sociale du territoire. »
  • Tiers-Lieux en Bigorre : « Véritables agoras, les espaces du Tiers-Lieux seront ouverts à tous, ils permettront de partager des expériences, d’écrire des histoires communes. Le partage, la solidarité, et la promotion de nouvelles manières de travailler ensemble, sont les valeurs du projet. »
  • Tiers-Lieux Occitanie : « Un réseau régional pour mutualiser et agir de manière collective sur la promotion, le développement et les enjeux du télétravail. »
  • Coopérative Tiers Lieux :
    • "Les tiers-lieux, des lieux créant les conditions les plus favorables à l’éclosion des idées et à la coopération locale. A travers une programmation riche et variée les tiers-lieux se distinguent également d’autres lieux plus proches de la colocation.
    • Sous l’impulsion de bénévoles, de personnes qui s’improvisent animateur de communauté, ces facilitateurs expérimentés développent des compétences proches de celui d’un dirigeant d’une entreprise d’économie sociale ou d’un chargé de développement local. Nouveaux dans le paysage, ces facilitateurs créent de la valeur dans ces lieux en conjuguant leurs expériences précédentes et l’émulation propagée dans ces lieux collectifs.
    • L’ancrage local : un enjeu pour ces nouveaux professionnels qui peuvent faire connaître ces nouvelles pratiques organisationnelles, ces modes de travail collaboratifs, voire coopératifs, valoriser les réussites et les compétences hébergées, développer des partenariats avec d’autres structures locales."

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Autres Points en débats…

    • Investir dans les télécentres urbains, pour capter une partie de la valeur, en regardant non le territoire de proximité mais le lieu du marché de la valeur !
    • Encourager les internautes ruraux à construire autour du télécentre rural une véritable entreprise économique viable ; et pas simplement une logique plus ou moins associative… sans risque pour les télétravailleurs… Le constat de l’étude de B.Moriset (Repères interrogatifs sur le déploiement de télécentres par les élus ruraux) est plutôt sévère pour ce type d’action de consommation passive.
    • Changer radicalement de posture en reprenant l’offensive envers le discours urbain. Par exemple en affirmant que Non, le rural ce n’est pas favoriser l’étalement urbain… c’est au contraire dans une époque numérique de mobilité, un gage sérieux de développement local et d’équilibre / équité des flux dans un territoire. Reste à trouver sans doute un bon équilibre entre deux discours : Le Bouclier Rural, Pour une égalité réelle entre les territoires et comme le dit un élu « l’apartheid territorial » - Maires ruraux et urbains se brouillent sur la péréquation.
    • Redonner de la crédibilité au discours d’une époque, celle de Jean-François Gravier, sur le « Désert Français ». Cf une analyse intéressante de Olivier Bouba-Olga, justement sur la création de la valeur via la productivité Recherche publique : Paris et le désert français ?. A voir si les associations de maires ruraux et les chercheurs pourront apporter la réflexion au débat public sur la création de valeurs..

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Voir en ligne : Local et Télétravail - Ressources documentaires
le 3 février 2018 par Contact LocalVox
modifie le 10 septembre 2018

Notes

[1] Définition Tiers-lieu : thèse développée par Ray Oldenburg1, professeur émérite de sociologie urbaine à l’université de Pensacola en Floride, dans son livre publié en 1989 : The Great, Good Place.