Local et Biens Communs au Quotidien

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Local et Biens Communs au Quotidien


Accéder aux divers paragraphes en cliquant ci-dessous. Territoires - Communs urbains- Brest - Cerisy - Cour des Comptes - La-Garde-Guérin ;

Cf aussi autres liens : Communs de Proximité - Wikipedia - Micros-Communs de Proximité : exemples et bonnes pratiques - Portail des Communs - Wiki Francophone des Communs - Dictionnaire des biens communs - Construire des communs/Communs - Réseau francophone des biens communs

Du côté des Territoires

Les territoires du commun - Entretien avec Alberto Magnaghi : "questions de reterritorialisation et de réappropriation citoyenne du développement local…

    • L’urbanisation actuelle est un processus qui déterritorialise le monde dans des méga-villes, des méga-régions, des métropoles où les habitants n’ont plus aucun lien avec la terre d’origine, ne produisent plus de nourriture et qu’il faut nourrir artificiellement. La nature a été reléguée, les relations culturelles et environnementales avec les lieux ont été rompues, le territoire réduit à une surface d’appui technique au système économique et à la compétition.
    • Nous « Territorialistes » considérons le territoire comme un milieu : précisément un milieu vivant dans lequel la nature n’est pas soumise à la domination de l’homme mais pensée dans une relation de coévolution féconde avec les activités humaines. Le territoire est alors pour nous un néo-écosystème dynamique, qui se comprend et qui se fabrique dans la longue durée ; un produit collectif, issu de rapports sociaux complexes, qui amènent à la construction d’un paysage, à des formes de savoirs et à des règles de reproduction.
    • La notion de biens communs territoriaux comprend des aspects immatériels (des savoirs environnementaux, des modèles socio-culturels locaux, des milieux socio-économiques…) et des aspects matériels (des paysages urbains et ruraux, des infrastructures, etc.) ; elle renvoie plus particulièrement à la question des ressources et de la valeur d’usage. Le terme de ressource sous-entend l’usage, car une ressource n’existe que si on l’utilise. En tant que ressource, ou ensemble de ressources, le patrimoine territorial possède ainsi une valeur d’usage. Mais il ne se réduit pas à cette valeur d’usage : ce qui fait d’un territoire un patrimoine tient aussi à ce que j’appelle sa valeur d’existence pour les générations futures. Dans la notion de patrimoine territorial, valeur d’usage et valeur d’existence sont deux aspects à la fois différents et mêlés : la valeur d’usage collectif doit être liée à sa valeur d’existence pour les générations futures, c’est ce qui donne la possibilité de mettre en commun le patrimoine territorial.
      Nous retrouvons ici l’idée que le patrimoine territorial est à la fois un héritage vivant et un patrimoine commun par excellence. La spécificité du territoire comme bien commun tient à son caractère vivant, et s’oppose à l’utilisation du patrimoine dans le sens d’une appropriation privée, ce qui est souvent le cas aujourd’hui.
    • Il ne s’agit pas simplement de dire le commun mais le pratiquer : en un mot, « mettre en commun » (en référence à l’anglais « commoning »). Et ce concept ne peut pas être mis en pratique sans un processus de réappropriation des habitants, de développement de leur capacité à décider quoi produire et quoi consommer.
    • L’échelle fondatrice est pour moi celle du local, sans laquelle on ne peut pas réorganiser et construire la société de la proximité, que l’on pense à André Gorz, à la notion de convivialité pour Illich, ou à celle de contact pour Françoise Choay). Ce n’est pas pour rien que Platon disait qu’une ville ne devait pas dépasser 5 000 habitants, il pensait au dimensionnement de la ville à partir du problème de sa gouvernance démocratique.
    • Réalisation avec les habitants, artistes et historiens locaux des cartes de communautés qui mettent en valeur tout le savoir du territoire, tout ce que les habitants voient comme valeur d’existence du patrimoine territorial : les éléments symboliques, les activités humaines, la nature, les formes d’agriculture. Cette première étape de « conscience du lieu » est la condition pour que les habitants prennent conscience de leur propre patrimoine et des possibilités d’action de l’administration.
    • La connaissance partagée du patrimoine territorial est un moyen de redonner aux citoyens un rôle actif et la base nécessaire d’une conscience collective pour pouvoir modifier les modèles de développement. À travers notre pratique, nous poursuivons toujours cet enjeu du pouvoir local pour construire une alternative globale."

Du Côté des Communs urbains

  • Aux racines des communs - Entretien avec Christian Laval : « Commun » est un terme qui vient du latin, mais ses significations sont finalement encore plus lointaines et peuvent en particulier être rattachées à la coproduction du « vivre ensemble ». Le linguiste et historien Émile Benveniste, dans son vocabulaire des institutions indo-européennes, faisait grand cas de l’expression cum-munus d’où vient le mot « commun ». Munus signifie, dans le domaine politique, l’obligation, la charge, le don, cum-munus désignant ainsi la co‑obligation qui nous engage les uns vis-à-vis des autres du fait de vivre ensemble dans la même cité. On peut aussi citer Aristote, pour qui « vivre ensemble », c’est agir ensemble. Cette co‑obligation contenue dans le terme « commun » exprime donc véritablement le dynamisme, le ressort politique de la vie collective, et engage une perspective démocratique : la coexistence et la coactivité supposent également que nous décidions ensemble, que nous élaborions ensemble les lois et les règles de vie collective. Commun, dans les racines mêmes de notre langage courant, c’est donc d’abord ça : un agir commun."
  • De la critique théorique au « faire » : la transformation du droit à la ville à travers les communs madrilènes : « Le hacking, un mode de production des communs madrilènes… dans les interstices de la ville laissés vacants par le marché ou les pouvoirs publics. »

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Du côté de Brest

Souvent définis ainsi : "Les biens communs, ou tout simplement communs, sont des ressources, gérées collectivement par une communauté, celle-ci établit des règles et une gouvernance dans le but de préserver et pérenniser cette ressource.
Ils peuvent ainsi être définis localement et faire l’objet d’actions à ce niveau pour en assurer l’expérimentation, la mise en œuvre, la transmission

Sur les communs : Portail des Communs Pays de Brest - Festival Brest en communs - Les Communs d’abord, Media web - Portail des Communs - Remix des Communs - Wiki Brest en Communs 2017 - Vers un atlas des communs au Pays de Brest [1].
Certains peuvent y trouver une proximité avec la terminologie biens communaux, terrains communaux, prés communaux, bois communaux, ou communaux tout court.

PDF - 1.8 Mo
Un Bien Commun c’est quoi ?
Livret pedagogique Brest
  • Evolutions et précisions :
    • En passant de la notion de biens communs à celle de communs, l’accent n’est plus mis sur la ressource en tant que telle mais sur l’organisation sociale, la dynamique collective qui entoure la gestion de cette ressource. En effet, ce n’est pas la nature d’un bien qui en fait un commun mais bien un ensemble plus complexe : la communauté qui se crée et s’organise autour de la ressource, les règles mises en place, les liens sociaux qui se tissent… Les communs désignent tout cela. Le concept de commun n’est pas figé. Différents courants de pensée existent et au fur et à mesure des réflexions, la notion évolue.
    • Une dynamique des communs (ces ressources, gérées collectivement par une communauté qui établit des règles et une gouvernance dans le but de les préserver et de les pérenniser) se diffuse depuis quelques années tels les jardins partagés, sciences ouvertes, ressources éducatives libres, innovations ouvertes, AMAP…
    • Un commun désigne : l’organisation qu’un groupe de personnes met en place et fait vivre afin de gérer collectivement une ressource. Pour partager, préserver et utiliser cette ressource, la communauté définit des règles et une gouvernance qui lui sont propres.“
  • Appropriation sociale du numérique, communs et politique publique, retours sur l’expérience de la Ville de Brest par Michel Briand et Bernard Brunet.
  • cf aussi dans Vous avez dit Local et Proximité… Parlons en, ici et là…
  • Le Zéro Déchet et l’émergence des « Communs négatifs »
  • A voir aussi Moustic 2015 « Tour de france des réseaux de la coopération et des communs »

Du côté de Cerisy

Facilitatrice, protectrice, instituante, contributrice : la loi et les communs - Vecam 29/09/2016 Valérie Peugeot. (Contribution au colloque de Cerisy - Vers une République des Biens Communs ? - Septembre 2016)
Définition qui avait été proposée et adoptée lors du premier Festival francophone autour des communs [2] et directement inspirée des travaux d’Elinor Ostrom [Ostrom 1990] : " « Les biens communs (ou simplement « communs ») sont des ressources, gérées collectivement par une communauté selon une forme de gouvernance qu’elle définit elle-même ». Un commun réunit trois éléments :

  • une ressource gérée hors du régime de propriété publique ou privée ;
  • une communauté, petite ou grande, localisée ou déterritorialisée, qui porte la gestion de cette ressource, l’utilise, la mobilise dans ses pratiques ;
  • une gouvernance, définie par cette communauté, qui permet de protéger et le cas échéant faire fructifier la dite ressource.

 
Cette définition tire ainsi sa légitimité des travaux de l’école de Bloomington comme des pratiques des acteurs francophones. Pour autant, nul ne peut prétendre qu’elle fasse l’unanimité [3]."

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Du côté de la Cour des Comptes

Rapport 2018 de la Cour des Comptes : « faire évoluer l’action publique vers un modèle reposant sur des communs numériques » - Accès au rapport public annuel 2018

"La cour a contrôlé en 2017 la Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (Dinsic). Cette dernière appuie notamment les ministères pour que les opportunités offertes par les nouvelles technologies profitent au service public.
Elle déploie une stratégie d’ « État plateforme » consistant à « faire évoluer l’action publique vers un modèle reposant sur des « communs numériques » (données, logiciels, services numériques, API) qui s’intègrent pour offrir d’autres services, de manière plus agile et réactive, note la Cour. Elle ne se réduit pas à la simple dématérialisation des procédures ». "

Du côté de La-Garde-Guérin -

Biens des communautés villageoises

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Cliquez ici pour mentionner les Biens communs initiés localement et les actions de proximité associées.


Autres liens :

L’histoire méconnue des communs - Colibris Mag

Les-Communs candidats aux municipales

  • La municipalité productrice de Communs
    • Des archives et des fonds de bibliothèques et de musées du domaine public numérisés librement réutilisables
    • Des contenus produits par la municipalité réutilisables librement pour nourrir les Communs volontaires
    • Une politique active d’ouverture de données sous licence partage à l’identique
    • Favoriser la circulation des informations par la mise à disposition d’accès internet ouverts dans les espaces et bâtiments publics
  • La municipalité coproductrice de communs avec les citoyens
    • Un espace public co-designé avec les habitants, pilier d’une gouvernance contributive
    • Une information sur la ville coproduite avec les habitants
    • Renforcer l’investissement citoyen face au changement climatique
    • Des jardins partagés au « guerilla gardening » : remettre la nature en Commun dans la ville
    • Des réseaux d’accès à internet collaboratifs et ouverts
    • Soutenir l’émergence citoyenne de monnaies complémentaires
  • La municipalité, soutien et facilitatrice des Communs
    • Faire le choix des logiciels libres
    • Utiliser et alimenter des fonds cartographiques ouverts
    • Mailler le territoire de tiers-lieux susceptibles d’accueillir et faire fructifier l’innovation sociale et le débat citoyen
    • Développer l’habitat participatif et groupé
    • Permaculture et circuits courts : nourrir les villes autrement
    • Soutenir les dispositifs participatifs dans la gestion des ressources naturelles

 
Quelques exemples par BALISES (Bibliothèque Publique d’Information) :

  • Graine de Jardins - Jardinons-ensemble !
  • Boîte à Outils du Village Global
  • Kokopelli - Biodiversité alimentaire
  • Troc de Presse : échange de magazines et de journaux
  • Coab - habitat partagé
  • La Machine du Voisin | Partage de machines à laver | Accueil
  • Annuaire national des AMAP
  • Open Food Facts - France
  • Welcome to BookCrossing
  • Monnaies locales complémentaires
  • Réseaux d’Echanges Réciproques de Savoirs
  • Association Sésamath
  • Manuel FLOSS
  • Une nouvelle génération de manuels scolaires - Lelivrescolaire.fr
  • Framasoft - Logiciels Libres
  • NosDéputés.fr - Regards Citoyens
  • Une crèche parentale - qu’est-ce que c’est ?
  • Lycée Autogéré de Paris | L’autogestion comme solution.
  • Ressources éducatives libres
  • Wikimedia Commons
  • Romaine Lubrique - Domaine Public
  • Goteo.org
  • WikiHouse, une maison open source pour démocatiser l’architecture
  • Les imprimantes 3D Open Source - MonUnivers3D
  • Wikispeed, la première voiture open-source

 
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Vous pouvez aussi Rejoindre la liste de discussion et Collaborer au Wiki

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le 20 octobre 2017 par Contact LocalVox
modifie le 16 novembre 2018

Notes

[1] Quelques premiers communs du territoire sont documentés pour essayer cette écriture.

  • Le jardin Capucine, potager en milieu urbain animé par Terre des Possibles
  • *Doc@Brest, réseau coopératif des bibliothécaires et documentalistes comme commun
  • Wiki-Brest, présentation d’un commun de la connaissance
  • Collectif Transition citoyenne en pays de Brest
    en cours de rédaction : OpenFactory, Fablab de l’UBO
  • Le jardin Yannick aux champs
  • Infini, hébergeur associatif
  • Le 214, espace de coworking
  • La boîte à dons à Recouvrance
  • Heol, monnaie locale
  • La rue Saint-Malo
  • Graines@brest, grainothèque en Pays de Brest

[2] Cf Réseau francophone autour des biens communs : Biens communs, contours et repères, 17/05/2013.

[3] Pour mesurer la diversité des définitions, notamment à l’échelle mondiale, voir le site Remix The commons.

Documents disponibles