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1e Trim 2019

La cagnotte, les menottes et les bots. - Constitue un éclairage rasant, éclairant un certain nombre d’aspérités et de dangers pour les pratiques de gouvernance (actuelle ou future) de notre monde numérique. A relier à Interconnexion, Gouvernance & Contrat Social en contexte numérique acentré : vecteurs d’amplification des Voix du Local.

  • Cagnottes. D’abord elles sont proportionnelles à la visibilité et à la notoriété de leur initiateur et à celle de son premier cercle qui intervient en relai immédiat… proportionnées à l’habituelle hiérarchie virale des émotions.
  • Les logiques de Crowdfunding portées par des grandes plateformes ou par des banques (Leetchi a été racheté par le Crédit Mutuel) élargissent considérablement le spectre de leur action et de leur impact dans le champ public comme dans la sphère privée. Et ce changement est tout sauf trivial ou anecdotique : il va globalement dans le sens d’un affaiblissement du rapport de confiance et d’acceptation de l’impôt. Un impôt désormais essentiellement vu comme une simple « taxe » dont l’affectation supposément obscure est d’autant plus mal ressentie et partagée qu’elle est corrélée à l’exemption factuelle (exil fiscal) et autres cadeaux fiscaux (ISF, CICE, etc.) dont les plus riches bénéficient. Cet affaiblissement de la valeur symbolique de l’impôt, notamment donc chez les classes populaires et intermédiaires, est lui-même le résultat des politiques de mises à mort de pans entiers de secteurs et de services publics.
  • Au-delà de la part narcissique intrinsèque à toute forme de don, c’est à un effritement morbide de la solidarité nationale que nous assistons. Et rappelons-le encore, cet effritement n’est pas le fait de celles et ceux qui alimentent ces cagnottes de Crowdfunding mais de la conjonction de deux phénomènes : d’une part l’appétence des plateformes à systématiser la visibilité de ces appels aux dons (pour y prélever leur marge) et d’autre part la cynique et programmatique déconstruction politique de la valeur symbolique de l’impôt par la casse des services publics en bénéficiant.
  • Au final, le mélange entre le marketing de l’indignation et le marché de la pitié (Mercy Market) produit un poison démocratique aussi efficace qu’insidieux à plusieurs titres. D’abord parce qu’il ronge de l’intérieur les systèmes de redistribution et de solidarité nationale. Ensuite parce qu’il fait peser sur les citoyens eux-mêmes de nouvelles charges assimilables à une forme d’impôt mais sans jamais se préoccuper d’assurer l’équité de ces charges. Et enfin parce qu’il installe et légitime l’idée d’une faillite de l’Etat dans la garantie de cette solidarité nationale par répartition équitable des richesses et des prélèvements obligatoires et nourrit donc en retour l’opportunisme et le projet ultra-libéral et libertarien (= sans état) de plateformes et d’acteurs économiques qui n’en demandaient pas tant.
le 11 janvier 2019 par Contact LocalVox
modifie le 11 janvier 2019